Anthologie de la science-fiction soviétique (3) : L’alien n’est pas un ennemi

On poursuit aujourd’hui les analogies entre les films de science-fiction soviétiques et américains, en prenant un exemple qui pourra paraitre tiré par les cheveux à la vue des screenshots présentés ici, mais qui parait hélas évident au visionnage de Mechte Navstrechu (1963) de Mikhail Karzhukov, et à la lecture de son scénario.

Si Kubrick et d’autres ont pillé Klushantsev, vous pourrez noter ici les ressemblances flagrantes avec Alien (1979). Si certaines images vous rappelleront aisément 20 ans auparavant le film de Ridley Scott, la différence entre le cinéma soviétique et Hollywood se situe sans doute en effet quelque part dans l’approche scénaristique:

Un vaisseau vénusien s’écrase sur une planète hostile. Un équipage humain capte des signaux de détresse et atterrit sur la planète afin d’en découvrir la source. Ils découvrent le vaisseau extraterrestre échoué en plein désert et pénètrent dans l’aéronef. L’alien se révélera être une charmante vénusienne. En pleine tempête, l’équipage l’évacue mais faute de place dans le vaisseau terrien, un des humains se sacrifie pour que la vénusienne la survive…

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Certes Alien est pourvu d’un univers visuel hors norme grâce à l’imagination tordue de H.R. Giger mais il n’empêche qu’en plus d’un pitch vaguement similaire, certains plans sont littéralement décalqués, avec fatalement plus de moyens que dans le film de Karzhukov, auteur également de Nebo Zowet en 1959 (et défiguré par F.F. Coppola quelques années plus tard dans Battle Beyond The Sun).

Ce qui frappe le plus au niveau visuel, c’est le moment où l’équipage soviétique débarque sur la planète inconnue et localise le vaisseau alien (en l’occurence vénusie). L’approche se fait dans les deux films de la même manière. Vêtus de leur combinaison, les cosmonautes se dirigent vers l’épave, tout en restant en liaison avec la base grâce à des caméras intégrées qui filment de manière subjective ce que voient les éclaireurs. L’atmosphère extérieure est dans les deux métrages hostile et brumeuse. Le vaisseau extraterrestre est échoué dans un désert et la forme de la coque n’est pas sans ressemblance, en dépit de la présence d’une sphère dans la vision russe. Puis la patrouille s’engage à bord du vaisseau à travers un couloir aux apparences de boyau. L’architecture est moins organique que dans les décors de Giger mais elle intègre néanmoins des élèments similaires. Enfin, les éclaireurs pénètrent dans une grande pièce circulaire où siège au centre un extraterrestre mort aux étranges commandes de son engin…

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La suite n’a pas grand chose à voir. La seule menace viendra de l’environnement hostile de la planète et de ses tempètes. L’équipage ne sera pas décimé par la vénusienne, qui se contentera, comme on l’a évoqué plus haut, de prendre la place d’un galant cosmonaute. Aucune compagnie mercantile ne viendra ensuite cacher l’existence de l’alien à l’humanité, celle-ci debarquant d’ailleurs sur Terre pour exprimer sa profonde gratitude au peuple humain venu la secourir.

~ par derkommissar sur vendredi 1 février 2008.

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